Nine Geslin

« Décoratrice dans la mode pendant 15 ans à Paris, j’ai eu la chance de travailler pour des marques (Tehen, La Nacelle, Irena Gregori, Fiorucci…) qui me laissaient une grande liberté́. Je pouvais concevoir les vitrines comme des lieux scéniques réduits. Là, j’ai appris l’usage d’un espace clos et ouvert en même temps, de la prise directe sur la rue, de l’image poétique qui fait tourner le regard ou s’arrêter le badaud… En parallèle, j’ai étudié́ pendant plusieurs années le dessin et modelage modèles vivants dans l’atelier de J. Deyme & J.M. Lange (prix de Rome sculpture et peinture). A ce moment, j’ai eu l’occasion de commencer à montrer un travail personnel non soumis à l’exercice de la commande. Il y a 20 ans, je prenais la décision de venir vivre dans le Segréen afin de me consacrer uniquement à la pratique artistique et me rapprocher de la nature. Je suis représentée depuis 2003 par la galerie Prodromus à Paris. »


De l’animal …

« Il y a maintenant 5 ans, un collectionneur m’a commandé une sculpture représentant un ours. Le rapport à la collection qu’entretenait le commanditaire et la réalisation de cet ours, ont impulsé en moi le désir d’élargir ce travail à un bestiaire, sous forme d’abécédaire. Rapidement la notion de graphie s’est imposée. J’ai proposé à Christine Ferrer, plasticienne impliquée dans l’art postal de collaborer à cette élaboration. Je l’ai invitée à intervenir sur la matière, la « peau » des animaux. Ainsi est née une correspondance de territoire (Anjou) à territoire (Lubéron), d’artiste à artiste, d’amie à amie. Au gré des mois, des années, au fil de nos humeurs, de nos trouvailles, au rythme de nos envois postaux est né le bestiaire. »

– Nine Geslin –

« Dans ce bestiaire organisé comme un abécédaire, les animaux prennent vie dans nos univers associés : Celui de Nine, tourné vers la forme qui surgit, visite les mythes, les archétypes et instinctivement le rapport à la nature. Le mien, se place dans une insatiable quête, creuser dans la mémoire, dans les mémoires, et les outils sont ceux qui viennent à moi. Les mots d’abord, et tous les objets qui portent déjà en eux une histoire singulière. J’ai reçu des courriers postaux avec, pour chaque animal, des matières inconnues, peaux, tissus, lambeaux. J’ai inscrit, troué, cousu, tatoué ces matières et les ai renvoyées pareillement. Nine a alors donné corps à l’animal avec cette matière revenue à elle, détournée mais entière. »

– Christine Ferrer –

« De l’Animal »

Nine Geslin

5 février - 27 mars 2022
La Halle-au-Blé

Entrée libre – pass sanitaire obligatoire

Horaires d'ouverture

mercredi & samedi :
14h30-17h30
dimanche :
10h -13h & 14h30-17h30

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