Quatre univers.
Quatre manières de fracturer le visible.
Anatomies du réel réunit quatre artistes plasticiens pour lesquels la photographie n’est ni point de départ ni point d’arrivée, mais terrain de dissection, un espace où le réel se laisse ouvrir, contredire, démultiplier. Trois d’entre eux, fondateurs des mouvements Transfiguring et Optico Narratif, travaillent la matière photographique comme une membrane perméable entre les mondes : collage, photomontage, déconstruction optique, superposition des temporalités. Le quatrième convoque l’intelligence artificielle comme outil de synthèse et d’expansion, repoussant les frontières de l’image générée vers une poésie du calcul. Ce que ces quatre pratiques partagent n’est pas un style commun, mais une même tension : sonder ce que l’oeil ne voit pas encore, là où les imaginaires se nourrissent les uns des autres, poreux, fertiles, irréductibles.
Olivier de Cayron, est un artiste plasticien autodidacte français contemporain qui développe une démarche singulière. Il mêle séquençage des images en utilisant du micro-perforé et du plexiglass afin de créer une vibration visuelle au service d’oeuvres évolutives. En ayant recours à ces matériaux discontinus, l’artiste masque autant qu’il dévoile, perturbant la linéarité du regard et obligeant le spectateur à s’interroger sur ce qu’il perçoit réellement. Ce travail se rapproche de l’art optique, bien que son approche intègre aussi une dimension narrative et figurative.
Marie-Laure Mallet-Melchior conjugue peinture, gravure et photographie numérique. Elle transfigure les espaces urbains en mutation, chantiers, friches industrielles, zones portuaires, gares, en univers surréels qui font oeuvre du temps qui passe. La transfiguration s’opère par hybridation : montage numérique, transfert d’images sur plexiglas ou métal, gravure, autant de techniques qui troublent le regard et rendent l’image évolutive, à la frontière entre le réel photographique et un univers onirique qui invite le regardeur à un voyage intérieur, là où la mémoire des lieux se mêle au vertige du rêve.
Max Foggéa se définit lui-même comme un collecteur et recycleur du flux visuel contemporain. Déconstruction et reconstruction sont les bases de son travail : le numérique y tient une grande place, mais des clichés argentiques viennent s’insérer dans les compositions, tandis qu’une plaque de plexiglas crée plusieurs niveaux de lumière, faisant disparaître le cliché-témoin tout en préservant une certaine réalité. Dans un monde saturé d’images, son oeuvre est un appel au refus des évidences et à l’esprit critique, autant que plaidoyer pour plus de sensibilité et de sensualité.
Yves Quintin est Synthographe. Son univers traverse des espaces contrastés, des paysages organiques et végétaux, des architectures futuristes aux résonances de science-fiction, des portraits hyperréalistes de créatures hybrides. Il s’efforce, avec une patience presque polémique de démontrer que les outils génératifs ne condamnent pas à la production automatique d’un imaginaire standardisé, à condition qu’on leur résiste. Conférencier reconnu sur les questions d’IA et de création d’images, il interroge avec rigueur et sensibilité la frontière entre intention artistique et algorithme, entre l’oeil de l’artiste et la machine.
Anatomies du réel. Porosité des imaginaires
Olivier de Cayron, Marie-Laure Mallet-Melchior, Max Foggéa, Yves Quintin
mercredi & samedi : 15h30-18h30
dimanche : 10h -13h & 15h30-18h30
HALLE-AU-BLÉ | PLACE DU MARCHÉ-AU-BLÉ
72200 LA FLÈCHE | ENTRÉE LIBRE


